Discussion de la nouvelle forme de présentisme de Katherine Brading
Vu Duc Doan  1@  
1 : Université Catholique de Louvain  (UCL)  -  Site web
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En philosophie du temps, la position du présentisme est que l'existence de toute chose repose dans le présent. A l'opposé, la position de l'Univers-bloc est que toute chose, qu'elle soit passée, présente ou future, existe. Ces choses sont situées dans cet Univers-bloc qui est une structure quadridimensionnelle d'espace et de temps et qui reprend leur existence. La grande différence entre ces deux positions est le poids ontologique : dans la première il est tout entier dans le présent, et dans la seconde le présent n'est pas différent du passé et du futur, l'existence des choses s'étendant spatio-temporellement dans le bloc. La position présentiste est difficile à tenir en ce qu'elle n'est pas compatible avec la théorie de la relativité restreinte. Je présenterai ici la position de Katherine Brading, qui est qu'aux fondements mêmes des positions du présentisme et de l'Univers-bloc, se trouve la présupposition tacite que le principe ontologique des choses est l'espace-temps. Autrement dit, toute chose n'existe que par sa position dans l'espace-temps. Brading soutient qu'un autre principe ontologique est possible : les lois du mouvement de Newton. Celles-ci forment en même temps un principe d'unité, et rendent apparemment possible une nouvelle forme de présentisme compatible avec la relativité restreinte. Précisément, elle introduit un présent extensible aux choses qui sont en interactions du point de vue des lois, interactions à vérifier empiriquement. La question de la vérification empirique est peu claire et je propose de la critiquer car je pense qu'elle rend la théorie de Brading fragile.


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