Par intervenant > Arnaud Sarah

Nature et signification de la conscience émotionnelle
Sarah Arnaud  1, 2@  
1 : Sciences, Normes, Décision  (SND)  -  Site web
Université Paris-Sorbonne
28 rue Serpente 75006 Paris -  France
2 : Université du Québec à Montréal  (UQÀM)  -  Site web

Cette présentation a pour but de clarifier la notion de « conscience émotionnelle », qui s'avère cruciale pour comprendre les syndromes qui impliquent des particularités de certains processus émotionnels, tel que l'autisme, la schizophrénie ou la dépression. En ce qui concerne les fonctions cognitives typiques, différent-e-s chercheur-e-s comprennent la conscience émotionnelle en des sens différents. Cela est dû au manque de recoupement des recherches sur les émotions avec celles sur la conscience. Je vais montrer comment ces deux domaines peuvent s'éclairer mutuellement et proposerai trois sens qui peuvent être accordés à la « conscience émotionnelle ». Selon le premier, la conscience émotionnelle désigne l'expérience elle-même, ou la phénoménologie de l'émotion. Elle peut être décrite comme l' « affect central » (Russell, 2009), ou l' « affectivité primordiale » (Colombetti, 2014), et se compose de certains degrés de valence et d'éveil. On peut dire qu'elle est une conscience « par » l'émotion. Selon les deux autres sens, la conscience émotionnelle est l'accès conscient que l'on peut avoir à l'émotion. L'émotion peut accéder à la conscience par un accès subjectif / phénoménal, ou par un accès cognitif. Je souhaite tracer une distinction claire entre les deux, basée sur la distinction conceptuelle de Block (2011) entre conscience phénoménale et accès cognitif. Grâce à ces distinctions, les chercheur-e-s auront des outils pour expliquer précisément la façon dont les individus aux profils typiques et atypiques, ainsi que d'autres potentiels organismes, accèdent à leurs émotions.


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